Elle nourrit le chat de sa voisine et doit payer 1 200€ d’amende

L’affaire dure depuis près de deux ans.

En Suisse, dans le canton de Zurich, un chat passait le plus clair de son temps chez la voisine. Alors, la propriétaire de l’animal a décidé de poursuivre sa voisine en justice ! La suite de l’histoire va vous étonner.

Préquel de l’histoire de la voisine et du chat

L’affaire dure depuis près de deux ans. Le préjudice ? Avoir fait entrer chez elle le chat d’une voisine et l’avoir nourri à plusieurs reprises pendant environ cinq mois. Sauf que cette attitude n’a pas plu à la propriétaire septuagénaire du félin, prénommé Mici et rebaptisé par la voisine Mautsch.

Dans un premier temps, une tentative de médiation a été faite, aidée par des courriers de riverains et du vétérinaire cantonal en soutien au propriétaire.

La maîtresse officielle du matou a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux, malgré la relation amicale des deux femmes. La machine judiciaire a été activée en mars 2020, et sa conclusion est attendue cette semaine.

 

La voisine a-t-elle eu gain de cause dans l’affaire ?

En décembre 2020, le tribunal l’a reconnu coupable et l’a condamné à une amende de 700 francs suisses (680 €) plus le paiement de 550 francs suisses (535 €) de frais de justice, pour un total d’environ 1 200 €.

Selon une ordonnance judiciaire relayée par le journal helvétique, « en agissant de cette manière, l’accusée enfermait littéralement le chat, car il ne pouvait sortir que si elle ouvrait la porte ». Autrement dit, elle cherchait à « établir une relation avec l’animal afin de se l’approprier » pour le tribunal. Une loi suisse interdit cette pratique.

L’accusée ne comprend pas de quoi parle cette boucle d’oreille, elle a donc téléphoné. L’audience de cette semaine devrait être maintenue. Pour sa défense, elle a déclaré en premier lieu que le chat était venu chez elle librement et sans y être forcé, et qu’il avait été ramassé. Pour elle, la chasse serait une forme de « cruauté contre un animal ».

Cependant, il est préférable de ne pas trop s’attacher à un animal qui ne nous appartient pas. Pour éviter d’être la cible d’une action en justice suisse, cet acte doit rester exceptionnel et ne pas devenir routinier, sous peine d’être poursuivi pour atteinte au droit de propriété. Au début de l’année, un autre Suisse a fait la même erreur. Cette retraitée avait été condamnée en première instance pour alimentation et souhaitait donc s’emparer du sac de poils de sa voisine. Elle a finalement été acquittée en appel.


 

En France, ce genre d’affaires pourrait-il arriver ?

Ce type de situation ne s’est jamais produit en France puisque les lois sont différentes. « Dans notre pays, si vous laissez votre chat aller chez votre voisin et qu’il le nourrit à l’occasion, il n’y a aucun moyen légal de l’attaquer s’il n’y a pas d’activité négative ou délétère envers l’animal ».

Elle rappelle également le principe de responsabilité du propriétaire, qui prévaut en France. « C’est lui qui est responsable des actes et comportements de son animal, y compris des dommages qu’il peut causer : urines, morsures, dégradations… Cependant, on ne peut tenir une personne pour responsable d’avoir laissé maltraiter son animal. »

« Dans le cas où le voisin porterait atteinte à la liberté du chat et l’empêcherait de lui revenir, on pourrait envisager une qualification de vol. S’approprier le bien d’autrui, y compris un être vivant, est considéré comme tel. Cependant, ce cas doit être considéré comme « extrême ». »

« Tant qu’on se limitera à quelques instants de gentillesse envers les animaux, ne serait-ce qu’une heure ou deux par jour, comme c’est le cas en Suisse, cela ne suffira pas en France. Pour être considéré pour une licence de pilote, une appropriation longue et continue est nécessaire, privilégiant le retour de l’animal vers lui. »