Microalgues toxiques : pourquoi certaines plages de France ferment cet été ?

Depuis quelques années, les microalgues tropicales prolifèrent sur nos côtes françaises, faisant peser une menace sur la santé des pêcheurs et amateurs de produits de la mer.

Qu’est ce que l’Ostreopsis ?

L’Ostreopsis, c’est le nom de cette microalgue toxique peut encore effrayer les surfeurs et les baigneurs du Pays basque. Certaines plages ont été fermées en août 2021 en raison d’une concentration excessive de cette algue.

Selon l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, certaines plages des côtes méditerranéenne et atlantique pourraient être fermées au public cet été (Ifremer). La prolifération de plusieurs types de micro-algues endémiques des Tropiques en est la cause.

Les chercheurs surveillent de près le phénomène car certaines algues, telles que Dinophysis, Ostreopsis et Gambierdiscus, présentent des risques pour la santé. Ils peuvent nuire à l’homme par contact direct avec l’eau ou par la consommation de coquillages ou de poissons. En outre, fermez les zones de baignade ou d’élevage en coquillage.

Quels sont les risques pour la santé ?

La Dinophysis, par exemple, peut causer des problèmes digestifs tels que des crampes ou des vomissements. « Cela se produit parce que cette micro-algue est consommée ou broutée par les coquillages, notamment la moule, et cela nous affecte lorsque nous consommons ces moules », explique Philipp Hess, chercheur à l’Ifremer.

La Gambierdiscus a des effets secondaires plus graves, tels que des problèmes digestifs, neurologiques et cardiovasculaires.

Enfin, l’Oestrosis peut provoquer de l’eczéma ou des maux de tête, et le risque est accru par une exposition directe à l’eau ou à la plage. Il est également possible d’avoir des yeux ou un nez lubriques, selon ce même chercheur.

Mais les algues ne sont-elles pas essentielles à la vie ?

Pourtant, « les micro-algues sont essentielles à la vie en mer et sur terre : elles sont à la base de la chaîne alimentaire des océans, et elles produisent une part importante de l’oxygène que nous respirons aujourd’hui », explique l’Ifremer.

Selon le chercheur, s’il n’y a rien à faire pour empêcher la prolifération des algues toxiques, il ne s’agit plus d’empêcher les microalgues de se reproduire. « Ni à ceux qui mangent du poisson, surtout dans les régions reculées où cette nourriture fait partie de la vie quotidienne et certaines personnes dépendent de son commerce », ajoute Philipp Hess.

Plusieurs de ces algues sont importantes pour la biodiversité et sont d’excellentes microalgues.

Comment se fait-il que nous assistions à une prolifération de ces algues ?

Selon Philipp Hess, la croissance du Gambierdiscus est plus étroitement liée à l’acidité de l’eau qu’à son échauffement.

« Sensibles aux variations du pH de l’eau de mer, les réceptacles coralliens meurent et sont colonisés par des macro-algues, qui à leur tour donnent naissance à des micro-algues. L’habitat de cette microalgue est favorisé par le changement climatique, selon un chercheur en phytotoxines. »