| Idées principales | Détails pratiques |
|---|---|
| 📋 Contenu obligatoire | Insérer coordonnées, poste, date d’entrée et référence Code du travail L.1237-11. |
| ✍️ Format recommandé | 15 à 20 lignes maximum en courrier recommandé avec accusé de réception. |
| 🎯 Ton et justification | Rester courtois et direct sans justifier décision, mentionner nouveaux projets professionnels. |
| ⏱️ Délais de procédure | Envoyer 2 à 3 mois avant départ. 15 jours rétractation, puis homologation DREETS. |
| 💰 Indemnités et droits | Minimum légal : 1/4 mois par année d’ancienneté, accès allocations chômage France Travail. |
En 2023, selon la DARES du ministère du Travail, plus de 520 000 ruptures conventionnelles ont été signées en France. Ce mode de séparation amiable d’un CDI séduit autant les salariés en quête de reconversion que les employeurs souhaitant éviter un contentieux. Avant d’entrer dans le vif du sujet, une précision s’impose : la lettre que vous rédigez n’est pas la convention de rupture. C’est simplement la porte d’entrée, le signal que vous envoyez pour ouvrir la discussion.
Ce que doit contenir votre lettre de demande de rupture conventionnelle
La loi ne vous oblige pas à formuler votre demande par écrit. Mais envoyer une lettre reste fortement recommandé, ne serait-ce que pour conserver une preuve de la date et formaliser votre démarche. J’ai vu trop de situations se compliquer faute d’une trace écrite. Inutile de rédiger un roman : 15 à 20 lignes suffisent largement.
Voici les éléments indispensables à faire figurer dans votre courrier :
- Vos coordonnées complètes (nom, prénom, adresse)
- Les coordonnées de l’employeur ou du service RH
- La date et le lieu de rédaction
- Un objet explicite : “Demande de rupture conventionnelle”
- Votre poste occupé et date d’entrée dans l’entreprise
- La référence à l’article L.1237-11 du Code du travail
- Une date de départ envisagée à titre indicatif
- Une demande explicite d’entretien pour discuter des modalités
Le ton doit rester courtois, direct et sans détour. Vous n’avez pas à justifier votre décision dans cette lettre. Une formulation générale mentionnant de nouveaux projets professionnels ou une évolution de parcours suffit. Gardez les explications précises pour l’entretien, là où le dialogue sera vraiment possible.
Modèle de lettre de rupture conventionnelle CDI prêt à utiliser
Voici un exemple directement utilisable, à adapter à votre situation :
[Votre prénom et nom]
[Votre adresse]
[Code postal, Ville]
[Nom de l’entreprise]
À l’attention de [Nom du responsable RH ou dirigeant]
[Adresse de l’entreprise]
[Ville], le [date]
Objet : Demande de rupture conventionnelle de mon contrat de travail
Madame, Monsieur,
Salarié(e) au sein de [Nom de l’entreprise] depuis le [date d’entrée], j’occupe actuellement le poste de [intitulé du poste].
Je me permets de vous contacter afin de vous faire part de mon souhait d’engager, d’un commun accord, une procédure de rupture conventionnelle de mon contrat à durée indéterminée, conformément aux articles L.1237-11 et suivants du Code du travail.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre de nouvelles perspectives professionnelles que je souhaite chercher. Je reste bien entendu disponible pour échanger sur les modalités de cette rupture lors d’un entretien à votre convenance.
Dans l’attente de votre retour, je vous adresse mes sincères salutations.
[Signature]
Envoyez ce courrier 2 à 3 mois avant votre date de départ envisagée pour laisser le temps nécessaire aux négociations. Utilisez un courrier recommandé avec accusé de réception ou une remise en main propre contre décharge. Un envoi par mail avec accusé de lecture est possible, mais moins solide juridiquement.
Côté indemnités, sachez que le minimum légal est fixé à 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté. Ce plancher est négociable à la hausse. La rupture conventionnelle vous ouvre également droit aux allocations chômage via France Travail, ce qu’une démission simple ne permet pas. Si vous envisagez parallèlement de devenir agent commercial en portage salarial, cette transition mérite d’être anticipée dès la négociation de la convention. Une fois la convention signée, un délai de rétractation de 15 jours calendaires s’applique pour les deux parties, avant transmission à la DREETS qui dispose de 15 jours ouvrables pour homologuer le dossier. Enfin, toute contestation se prescrit par 12 mois à compter de la signature, selon l’article L.1237-19-8 du Code du travail. Si vous réfléchissez à votre statut pour la suite, les questions liées au seuil TVA auto-entrepreneur ou au choix entre micro-entreprise et SASU méritent votre attention dès maintenant.

